Eric Clapton

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Eric Clapton,  est un guitariste, chanteur et compositeur de blues et de rock britannique, né le 30 mars 1945 à Ripley, près de Londres.

En 2003, le mensuel Rolling Stone l’a classé quatrième meilleur guitariste de tous les temps. Ses fans le surnomment « God » (Dieu).

 

Jeunesse

Né à Ripley, dans le Surrey au Royaume-Uni, Eric Clapton est le fils d’un soldat canadien et d’une mère anglaise. Son père, parti combattre en Europe peu après sa naissance, est ensuite retourné au Canada. Sa mère, qui n’a alors que 16 ans, étant encore trop jeune pour s’occuper de lui, le jeune Eric est confié à ses grands-parents maternels (dont le nom, Clapp, est à l’origine de la fausse rumeur selon laquelle le véritable nom du guitariste serait Clapp). Il sera plus tard définitivement abandonné par sa mère, partie à son tour au Canada au bras d’un autre soldat.

L’histoire de sa naissance resta longtemps un secret de famille, et l’enfant n’apprend qu’à l’âge de 9 ans que ceux qu’il croyait être ses parents ne l’étaient pas, et que sa prétendue grande sœur était en réalité sa mère. Le choc est terrible pour Eric.

L’enfance de Clapton ne se passe pas sans accrocs – il a plus tard confessé avoir été un « sale gosse ». Peu attentif à l’école, il faillit même abandonner l’apprentissage de la guitare – il avait reçu sa première guitare acoustique, une Hoyer de fabrication allemande, en cadeau pour ses 13 ans – car il le jugeait« trop difficile ». Postier pour gagner quelques sous, il intègre la classe de design de l’École d’Art de Kingston ; ses résultats médiocres lui valent d’être rapidement renvoyé.

Encore adolescent, Eric Clapton puise son inspiration musicale – il est finalement parvenu à jouer un peu de guitare – dans le blues américain : Big Bill Broonzy, Muddy Waters, Elmore James, Howlin’ Wolf et surtout Robert Johnson, le légendaire bluesman du Mississippi. Surnommé par ses amis « Eric the mod »3 en référence à ses vêtements qui rappellent le mouvement Mods, il commence vers 1962 à fréquenter des clubs de musiciens comme le Ealing Club4 de Londres, dans lequel se produisent notamment les Rolling Stones. Il les accompagnera même occasionnellement comme chanteur5. Peu confiant à l’époque envers ses talents de guitariste, il déclare : « J’en fais un peu ; j’ai bossé quelques trucs de blues depuis un moment ; rien de sérieux. »6. Dans ce même club jouent les Blues Incorporated d’Alexis Korner, dont les batteurs et bassistes sont, de temps à autre (le personnel varie beaucoup à cette époque),Ginger Baker et Jack Bruce, ses futurs acolytes de Cream.

C’est pourtant l’apprentissage par cœur d’un album de Chuck Berry qui lui permet finalement d’intégrer en mars 1963 son premier groupe : les Roosters. Il joue avec eux jusqu’au mois d’octobre de la même année, puis, lorsque le groupe se dissout, rejoint Casey Jones and The Engineers en même temps que Tom McGuiness (l’ancien bassiste des Roosters).

Mais cette nouvelle association ne dure qu’un mois : Clapton, qui a déjà acquis une certaine réputation en tant que guitariste, est embauché par lesYardbirds, qui seront son premier groupe véritablement professionnel.

1963 – 1965 : les Yardbirds

Article détaillé : Yardbirds.

Avec l’arrivée de Clapton, les Yardbirds commencent à véritablement décoller. Petit groupe de rock and roll comme tant d’autres, très influencé par le blues, ils ne jouent aucune composition personnelle, se limitant à des morceaux de blues issus des catalogues Chess, Checker ou Vee-Jay. Succédant aux Rolling Stones comme groupe résident du légendaire Crawdaddy Club de Richmond, ils deviennent un groupe culte parmi les jeunes Anglais branchés fans de blues. Leurs premiers singles, I Wish You Would et A Certain Girl, sont des succès relatifs, et ils partent même en tournée en 1963 avec le bluesman américainSonny Boy Williamson, enregistrant ensemble un album qui sortira plus tard à la fois comme un disque des Yardbirds et de Williamson.

Clapton, de son côté, crée peu à peu son style personnel : façon de jouer bien sûr, synthétisant de manière révolutionnaire les influences de Buddy Guy, Freddie King et B.B. King, mais aussi façon de s’habiller. Cette forte personnalité, ainsi que ses talents de guitariste (pourtant assez peu mis en avant sur les premiers enregistrements du groupe), lui valent d’en devenir le principal soliste.

Devenant rapidement une figure importante de la scène anglaise, il se fait un surnom : Slowhand, référence ironique à la vitesse, extraordinaire pour l’époque, à laquelle il joue, ou jeu de mots sur slow-hand clap(applaudissements exprimant l’impatience ou le mécontentement du public). Mais en mai 1965, le premier vrai succès du groupe, For Your Love, coïncide avec le départ du guitariste, mal à l’aise à cause de cette chanson trop « commerciale » selon lui. En effet, à cette époque, Clapton est encore un fanatique de blues authentique, qui considère comme une trahison de jouer autre chose que des reprises de grands bluesmen. Recommandant le jeune Jimmy Page à ses collègues, Clapton part donc rejoindre les Bluesbreakers de John Mayall.

1965 – 1966 : John Mayall and The Bluesbreakers[modifier]

Article détaillé : Bluesbreakers.

Parti se reposer à Oxford chez Ben Palmer (l’ancien guitariste des Roosters), Clapton ne reste pas inactif très longtemps après son départ des Yardbirds : dès mars 1965, John Mayall lui propose de rejoindre lesBluesbreakers. À l’époque, le groupe est déjà une référence du R&B britannique, Clapton accepte donc la proposition. Échangeant sa Fender Telecaster contre une Gibson Les Paul Standard pour un son plus authentique et puissant, Clapton joue avec passion, et assoit sa réputation d’instrumentiste prodige. Ce qui ne l’empêche pas de manquer parfois de sérieux, allant jusqu’à rater certains engagements… Lassé par la routine des concerts dans les night-clubs, il abandonne en août 1965 les Bluesbreakers pour se joindre à un groupe composite supposé parcourir le monde : The Glands.

L’intention première de ce groupe de « musiciens voyageurs » était de parcourir le monde dans un autobus à deux étages, en jouant un peu partout. Une épopée qui s’achève rapidement en Grèce, d’où ils reviennent sans un sou après avoir eu un accident de la route et s’être presque fait kidnapper à Athènes. Clapton reprend donc dès octobre 1965 sa place au sein des Bluesbreakers…

Son escapade avec The Glands n’a nullement entamé la réputation de Clapton, qui devient peu à peu une véritable idole, et gagne un nouveau surnom : sur les palissades et dans le métro de Londres fleurit l’inscription « Clapton is God » (Clapton est Dieu). Un nouveau statut difficile à assumer pour le jeune guitariste, qui hésite dans ses déclarations entre d’une part la conviction qu’il possède des « pouvoirs », et d’autre part leur dénégation.

En mars 1966, Clapton, Mayall et les Bluesbreakers enregistrent l’album Blues Breakers – John Mayall with Eric Clapton. Considéré encore aujourd’hui comme un monument du British Blues Boom, le disque connaît un grand succès, mais son titre, ambigu, ne satisfait ni les membres des Bluesbreakers, ni Clapton, qui trouve que son nom « se voit moins que celui de John Mayall ». Quand l’album sort, Clapton a déjà quitté le groupe. Il vient en effet de former avec Jack Bruce et Ginger Baker un « supergroupe » qui deviendra bientôt Cream.

1966 – 1968 : Cream[modifier]

Article détaillé : Cream.

Formé par trois musiciens déjà très célèbres – Eric Clapton, Ginger Baker et Jack Bruce – Cream est le premier « supergroupe », et l’un des premiers « power-trios » célèbres. Il est aussi pour Clapton l’occasion de développer sa technique de chant et ses talents de guitariste et d’auteur de chansons. Attendu comme un groupe de blues pur et dur, le groupe s’oriente pourtant dès son premier album vers une musique pop autant inspirée par le psychédélisme que par le blues. Un terrain fertile, à partir duquel Clapton crée un style de guitare plus expérimental que jamais : les concerts du groupe sont l’occasion de très longues improvisations à un volume délirant pour l’époque, où Clapton, qui doit assurer à la fois la rythmique et les solos, est forcé de se surpasser.

D’autant que, malgré les déclarations enthousiastes de la presse et de leurs proches, l’ambiance n’est pas toujours au beau fixe entre les membres de Cream : leur association se fonde plus sur une rivalité parfois brutale que sur une réelle émulation. Plus tard, Henry Shapiro exprimera clairement la situation : « Cream est mort le jour où ils ont cessé de faire des étincelles entre eux ».

En 1967, la popularité de Clapton est quelque peu entamée par l’arrivée à Londres de Jimi Hendrix, dont le style flamboyant concurrence le sien. Venu en Angleterre, de son propre aveu, pour y rencontrer Clapton, le guitariste noir devient rapidement une nouvelle idole, y compris pour Clapton lui-même, les Rolling Stones et les Beatles. Mais Clapton continue à être désigné, par tous les sondages des magazines, comme le « meilleur guitariste du monde », et le succès d’Hendrix n’empêche pas Cream de vendre environ 5 millions de disques en 40 ans (y compris best of et singles), rien qu’aux États-Unis7

Après trois albums, le groupe est cependant victime de l’inimitié qui règne entre ses trois membres, mais aussi des hésitations de Clapton. Ce dernier est en effet très affecté par une critique négative d’un concert de Cream, lue dans le magazine Rolling Stone, ainsi que par sa découverte de l’album Music from Bing Pink du groupe canadien The Band, qui lui fait penser que le rock and roll est en train de prendre une nouvelle direction. À tel point qu’il tentera, en vain, de rejoindre le groupe et faire la connaissance du guitariste Robbie Robertson ; les deux artistes se retrouveront sur scène le 6 mars 2000 lors du Rock and Roll Hall of Fame annuel donné en l’honneur de Clapton, qui recevra cette année-là son troisième prix Grammy en tant qu’artiste solo et le 28 juillet 2007 lors du festival annuel de guitare Crossroads au Toyota Park Center deBridgeview.

Le dernier album de Cream, Goodbye, disque en partie live, paraît donc en 1969 après la dissolution du groupe. Il contient, entre autres, la chanson Badge, première collaboration de Clapton avec son ami George Harrison, guitariste des Beatles. Clapton jouera le solo de While My Guitar Gently Weeps, chanson de Harrison figurant sur le « white album » paru en 1968, devenant ainsi le premier – et le seul – musicien extérieur au groupe à jouer de la guitare sur un disque des Beatles. Lorsqu’en janvier 1969, Harrison quitta brièvement le groupe en plein milieu de l’enregistrement de Let It Be, John Lennon proposera même que Clapton le remplace.

1969 : Blind Faith[modifier]

Après la séparation de Cream, Clapton fonde un nouveau supergroupe, Blind Faith, avec l’ancien organiste et chanteur de Traffic Steve Winwood, à qui s’ajoute le batteur Ginger Baker de Cream. La frénésie que déclenche chez les fans la création de ce nouveau groupe dépasse encore celle suscitée par la formation de Cream. Blind Faith apparaît pour la première fois en public devant une foule de 100 000 personnes àHyde Park, le 7 juin 1969. Mais les musiciens, en particulier Clapton, semblent tendus, et beaucoup parmi le public sont déçus. Le groupe part ensuite pour une tournée américaine à guichets fermés, puis enregistre son unique album éponyme. Le disque est réalisé si rapidement que sa face 2 ne comporte que deux chansons, dont une improvisation de 15 minutes.

Jamais vraiment à la hauteur des attentes de Clapton comme du public, Blind Faith est dissous après moins d’un an d’existence et Eric, décidé à rester un peu plus dans l’ombre, cherche des musiciens pour réaliser son rêve : jouer une musique plus proche de celle du Band.

1969 – 1970 : Delaney, Bonnie And Friends, Clapton en solo[modifier]

Pendant l’expérience Blind Faith, Eric Clapton a fait la connaissance de Delaney et Bonnie, un couple de musiciens « simples, naturels, libres et pas du tout vaniteux », qui prennent simplement plaisir à jouer : tout le contraire des supergroupes, dont il est si fatigué. Il décide donc de les rejoindre, et les accompagne comme simple guitariste pour une tournée européenne. Au cours de ce voyage, Clapton s’ouvre à des influences musicales très diverses : musique sud-américaine, ballades, chansons lentes, chansons d’amour, thèmes Country, qu’il exploitera par la suite.

Mais la période Delaney, Bonnie and Friends est de courte durée : en septembre 1969, Clapton est entré un peu plus dans le cercle très restreint des Beatles, en participant à un concert donné par John Lennon etYoko Ono. Delaney et Bonnie ne l’acceptent pas[réf. nécessaire], et la séparation intervient en 1970.

Commence alors une période de quelques mois au cours de laquelle Clapton, privé de groupe, n’en reste pas pour autant inactif : encouragé à chanter par Delaney, il enregistre en 1970 son premier album solo, sobrement intitulé Eric Clapton, avec quelques amis musiciens, dont Leon Russell et Stephen Stills. L’album remporte un certain succès commercial, montant jusqu’à la 18e place des charts américains. Il joue également sur plusieurs disques d’amis, comme le célèbre All Things Must Pass de George Harrison (même si, pour des raisons contractuelles, son nom n’apparaîtra pas sur la pochette avant plusieurs décennies), ou le premier album du Plastic Ono Band de John Lennon et Yoko Ono.

Vers la fin de 1969, influencé par son ancien camarade Steve Winwood de Blind Faith et le bluesman Buddy Guy, Eric fait ses débuts à la Fender Stratocaster. La première Stratocaster, surnommée Brownie, une guitare au coloris tobacco sunburst datant de 1956, fut acquise par Clapton au Sound City de Londres le 7 mai 1967 lors d’une tournée avec Cream pour un montant total de $400. Elle fut utilisée pour l’enregistrement de nombreux disques, dont Layla and Other Assorted Love Songs. Vient ensuite la célèbre Blackie, une Stratocaster noire composite assemblée à partir de différentes pièces de trois Stratocasterdes années 1950 achetées au Sho-Bud Shop de Nashville (Tennessee) en 1970 pour $100 chacune, qui, avec Brownie, restera sa guitare préférée durant 15 ans, jusqu’à ce que Fender lui crée un modèle « signature » assez proche de la dernière, mais équipé de micros Lace Sensor Gold actifs (qui furent remplacés par des micros Fender Vintage Noiseless à partir de 2001), un manche au profil « V » adouci (comme sur les guitares acoustiques Martin des années 1930) en érable à 22 cases avec des mécaniques Kluson traditionnelles, et une électronique active comprenant un égaliseur de médiums (mid-boost) avec une puissance de sortie maximale de 25 dB produisant une « compression sonore » (compressed pickup sound), similaire à celle d’un micro double bobinage (humbucker) et un circuit TBX atténuant les graves et les aigus, ainsi qu’un chevalet traditionnel bloqué par une cale en bois placée sur la partie arrière du corps (blocked vintage synchronized tremolo) rendant la tige du vibrato inopérante, du fait que Slowhand ne se servait jamais de celle-ci en raison de sa prédilection pour la tenue d’accord stable des Stratocaster pourvues d’un chevalet fixe (hardtail). La sortie officielle de la Stratocaster Eric Clapton (qui fut classée parmi les premières guitares « signature » créées par le célèbre géant américain de la guitare électrique depuis 1987) fut lancée en 1988 et remise à jour en 2001, date durant laquelle les micros Lace Sensor furent remplacés par les nouveaux Fender Vintage Noiseless, introduits par la firme américaine en 1998. Cette guitare est également disponible en version Custom Artist (fabriquée par le Fender Custom Shop) depuis 2004.

1970 : Derek and the Dominos[modifier]

Eric Clapton en concert au TUI Arena deHanovre (Allemagne) le 2 avril 2004

Fin 1970, Clapton débauche la section rythmique de Delaney & Bonnie (le claviériste Bobby Whitlock, le bassiste Carl Radle et le batteur Jim Gordon) et forme un nouveau groupe, Derek and the Dominos. Fatigué de son statut de star adulée, il a en effet envie de se couler dans un groupe dont il ne serait qu’un membre parmi d’autres. Le groupe entre rapidement en studio pour enregistrer son premier album, aujourd’hui considéré par beaucoup comme le chef-d’œuvre de Clapton.

Les séances n’ont commencé que depuis quelques jours lorsqu’il rencontre le guitariste Duane Allman à un concert de son groupe, le Allman Brothers Band. Les deux musiciens, qui ne se connaissent que de réputation, jouent ensemble une séance impromptue et tombent immédiatement amoureux, chacun de son côté, du jeu de l’autre. Allman est donc invité à devenir le cinquième Domino, et l’album du groupe devient principalement l’œuvre des deux guitaristes, dont les phrases s’entremêlent, s’imitent et s’émulent sans cesse.

L’autre aspect essentiel de cet album, intitulé Layla and Other Assorted Love Songs, se trouve dans la chanson titre, Layla, qui sera deux ans plus tard un grand tube partout dans le monde. L’histoire de ce morceau commence en mars 1964, lorsque George Harrison rencontre le jeune mannequin Pattie Boyd, sur le tournage de A Hard Day’s Night, le premier film des Beatles. C’est le coup de foudre, et ils finissent par se fiancer. Clapton, lui, a fait la connaissance du couple pendant l’été 1967 ; George et lui sont rapidement devenus de grands amis, mais leur amitié ne se limite pas à des goûts musicaux communs : très vite, Clapton à son tour tombe amoureux de Pattie. Non partagée à l’époque, cette passion deviendra le thème de Layla, un prénom suggéré à Clapton par la lecture d’un livre persan, The Story of Leïla and Majnun du poèteNizami, qui raconte l’amour passionné d’un homme pour une femme mariée. La suite de la carrière du groupe est cependant nettement moins brillante : ravagé par la nouvelle de la mort de Jimi Hendrix, Clapton commence à augmenter sérieusement sa consommation de drogues et d’alcool. L’accueil mitigé réservé à Layla… n’arrange rien. Pire encore, Duane Allman meurt brutalement d’un accident de moto le 29 octobre 1971, juste avant le début de la tournée américaine de Derek and the Dominos. Effondré, Clapton passe toute la tournée dans un brouillard permanent de drogue. Il en ressortira pourtant un album live étonnement bon, In Concert. Cela n’empêchera pas le groupe de se désagréger pendant l’enregistrement de son second album, les egos des musiciens étant exacerbés par les drogues.

Les années suivantes, une véritable malédiction semblera poursuivre les anciens Dominos : le bassiste Carl Radle sombre dans l’alcool et la drogue, qui finiront par le tuer en 1981, tandis que le batteur Jim Gordon tue sa mère à coups de marteau lors d’une crise de schizophrénie. Condamné à quatorze années de prison, il fut plus tard placé dans une institution pour malades mentaux, où il vit toujours aujourd’hui. Clapton retrouva son ancien camarade Bobby Whitlock sur scène le 25 avril 2000 lors du show annuel Later présenté par Jools Holland.

1971 – 1973 : les années noires[modifier]

Clapton durant un concert au Eishalle deWetzikon (Suisse) le 19 juin 1977

Au début des années 70, la vie de Clapton devient pour le moins chaotique : la fin tragique de Derek and the Dominos, groupe qui avait pourtant commencé sous les meilleurs auspices, et son amour malheureux pour Pattie Boyd plongent le musicien dans la déprime. Il cesse d’enregistrer et d’apparaître publiquement, et se retire dans sa résidence du Surrey. Plus grave, il commet la même erreur tragique que nombre de musiciens de son époque, en cherchant consolation et oubli dans l’héroïne. Commence une terrible période de dépendance à cette drogue qui le marquera à vie : durant trois ans, Clapton n’enregistre pas, et ne sort de sa retraite qu’à quelques rares occasions comme le concert pour le Bangladesh organisé par George Harrison en août 1971. Le public peut alors avoir un aperçu de l’état de délabrement de sa santé : Clapton s’évanouit sur scène, et doit être réanimé avant de continuer à jouer.

C’est un autre musicien qui l’aidera à sortir de cette spirale infernale : Pete Townshend, guitariste des Who et ami de Clapton fonde un singulier supergroupe (deux ex-membres de Blind Faith, deux ex-Traffic, plus Ron Wood, Townshend lui même et quelques autres) et pousse Eric à en prendre la tête pour deux concerts au Rainbow Theatre de Londres en janvier 1973. Clapton y apparaît diminué, son jeu abîmé par ses trois années de dépendance, mais il est bien vivant, et Townshend atteint son but : lui montrer qu’il peut encore s’en sortir. Le concert produit l’effet escompté : Clapton suit ensuite une cure de désintoxication, et parvient à surmonter sa dépendance à l’héroïne. Mais ses problèmes personnels ne sont pas terminés : s’il est parvenu à se débarrasser de son problème de drogue, il retombe encore régulièrement dans l’alcoolisme, malgré des succès discographiques qui s’enchaînent.

1974 – 1991 : Clapton en solo[modifier]

Libéré de l’héroïne, ayant entamé une liaison avec Pattie Boyd-Harrison (qui finira par l’épouser en 1979), Clapton monte en 1974 un groupe pour enregistrer un nouvel album solo, 461 Ocean Boulevard. Inspiré par son voyage en Jamaïque l’année précédente, au cours duquel il avait rencontré le jeune et encore inconnu Bob Marley, le disque comprend peu de solos de guitare. Il remporte un très grand succès et, grâce à la reprise de I Shot the Sheriff, lance à la fois la carrière internationale de Marley et la vague du Reggae en Occident.

Les années suivantes voient Clapton continuer à sortir des albums, qui se situent musicalement dans la lignée de 461 … plutôt que de Derek and the Dominos : peu de solos, et des chansons mieux écrites. Clapton veut dépasser sa réputation de « plus grand guitariste du monde » (le titre original et ironique de l’album There’s one in every crowd de 1975) pour devenir un auteur de chansons reconnu. Mais cette nouvelle tendance n’est pas toujours comprise par le public, et les albums remportent des succès inégaux, le plus réussi, de l’avis des médias comme du public, étant Slowhand, qui contient les tubes Wonderful Tonight (une chanson d’amour inspirée par Pattie Boyd) et Cocaine (une reprise du bluesman blanc J.J. Cale).

Eric Clapton – Swing Auditorium, San Bernardino en 1975

Mais les ennuis de Clapton ne sont pas terminés pour autant : le musicien continue à boire bien plus que de raison, et en 1976, déclenche une violente polémique lors d’un concert à Birmingham. Considérant le Royaume-Uni comme « trop plein », il appelle le public à voter pour le politicien controversé du Parti Conservateur Enoch Powell, afin d’éviter que le pays ne devienne une « colonie noire ». Ces propos, qui font écho à ceux d’artistes comme David Bowie ou Siouxsie Sioux à la même époque, provoquent un tollé général, et sont sans doute pour beaucoup dans la création du mouvement anglais Rock Against Racism. Refusant à l’époque de revenir sur ses déclarations, et affirmant (dans une interview à Q Magazine) ne pas voir de contradiction entre elles et son amour pour la musique noire, Clapton finira par les attribuer à son état passablement alcoolisé au moment des faits8. « Quand j’ai dit ça, j’étais complètement ivre. Et comme tous les gens ivres, je racontais n’importe quoi. Quel crédit peut-on porter aux propos d’un poivrot ? Moi, ce qui m’étonne le plus, ce n’est pas ce que j’ai pu dire, c’est d’avoir été capable de jouer ensuite ! »9. D’autre part, de nombreux faits vont contre la thèse d’un Eric Clapton chanteur du racisme : outre les inspirations noires prééminentes dans sa musique, il a partagé la scène à de très nombreuses reprises avec des artistes noirs (Buddy Guy, B.B. King, Robert Cray, Otis Rush, Muddy Waters, Albert Collins, Chuck Berry et plusieurs membres de son propre groupe de scène, dont les claviéristes Greg Phillinganes, Billy Preston, Tim Carmon et David Sancious, le pianiste Johnnie Johnson, le batteur Steve Ferrone, le guitariste Robert Randolph, les chanteuses Katie Kissoon, Susannah Melvoin, Wendy Melvoin, Chaka Khan, Chyna Whyne, Sharon White et Michelle John, ainsi que les bassistes Nathan East, Richard Cousins, Marcus Miller et Willie Weeks), et a eu une liaison avec le top model noir Naomi Campbell.

À la fin des années 1970, l’alcoolisme de Clapton devient critique, et il doit être hospitalisé, puis suivre une cure à Antigua (il y installera plus tard un centre de désintoxication entièrement financé par lui, le Crossroads Center). Les disques que Clapton réalise dans les années 80 se plient à la mode des synthétiseurs et des boîtes à rythme. August, sorti en 1986 et produit par Phil Collins, est l’un de ses plus grands succès. Il part ensuite pour une tournée de deux ans aux côtés de Collins et remporte des récompenses pour son travail (dont le British Academy Television Award pour… la bande originale de la série Edge of Darkness, diffusée par la BBC en1985). Cette période fut, entre autres choses, marquée par l’utilisation, pour la première fois, d’un synthétiseur de guitare dans certains morceaux du disque éponyme. L’album Journeyman, enregistré en 1989 avec des collaborations de George Harrison, Robert Cray, Daryl Hall, Chaka Khan, Mick Jones du groupe Foreigner et Phil Collins de Genesis, confirme aux yeux du public la renaissance artistique de Clapton.

Mais, encore une fois, le guitariste n’a guère le temps de profiter de son succès. En 1985, il rencontre Yvonne Kelly, avec qui il a une petite fille, Ruth. Cette liaison, puis celle avec le mannequin italien Lory Del Santo, qui lui donne en 1986 un fils, Conor, mènent à son divorce de Pattie Boyd en 1988.

Puis, au début des années 1990, deux tragédies majeures touchent Clapton.

Il y aura tout d’abord la mort, le 27 août 1990, du guitariste Stevie Ray Vaughan, alors en tournée avec Clapton. Vaughan se trouve avec deux membres de son équipe dans un hélicoptère qui s’écrase lors d’un trajet entre deux concerts. Clapton devait initialement faire partie du vol, avant de laisser sa place à Stevie Ray Vaughan.

Le 20 mars 1991, son fils Conor, âgé de quatre ans, meurt brutalement des suites d’une chute du 53e étage, par la fenêtre de l’appartement de Clapton. Effondré, celui-ci racontera ses émotions dans la chansonTears in Heaven.

1992 à nos jours : le renouveau de Slowhand[modifier]

Eric Clapton en concert le 28 juin 2008 àLondres.

En 1991 Eric Clapton pousse son vieil ami, George Harrison, à reprendre la route. Les deux camarades commencent par une tournée au Japon, où ils reprennent les vieux standards de ce dernier. Une tournée européenne est prévue mais annulée. Un enregistrement en public est cependant disponible : Live In Japan.

Mais le véritable grand retour de Clapton sur la scène musicale se fait en 1992 avec l’album Unplugged, où il reprend en public et en acoustique des standards de blues et ses propres chansons. L’album, qui contient notamment une version de Layla qui deviendra un tube, remporte un immense succès. Le guitariste confirme ce retour à ses premières racines musicales en 1994 avec l’album From The Cradle, entièrement constitué de reprises de vieux (voire très vieux) morceaux de blues. Dans cet album, qui fut le plus grand succès commercial de l’année 1994, Eric démontrera sa maîtrise hors du commun, à la guitare électrique, de tous les styles de blues.

Les années suivantes, Clapton partage son temps entre des collaborations avec Carlos Santana et B. B. King, qui remportent un immense succès, et des albums demusique électronique (Retail Therapy en 1997, puis Pilgrim en 1998), qui déchaînent beaucoup moins d’enthousiasme.

Sortant régulièrement de nouveaux albums suivis de tournées à travers le monde (notamment au Japon et en Amérique latine), le guitariste semble même avoir trouvé un certain bonheur conjugal et domestique : en 1999, à l’âge de 54 ans, Clapton rencontre, à Los Angeles, la jeune vendeuse Melia McEnery (elle a 23 ans), qu’il épousera un peu plus tard, en 2002, dans son propre village natal du comté anglais de Surrey, Ripley. En 2005, le couple a déjà trois filles : Julie Rose (née en 2001), Ella Mae (née en 2003) et Sophie Belle (née en 2005).

L’album Reptile (2001), sans rencontrer un très grand succès, sera toutefois bien accueilli : Clapton y chante et joue avec beaucoup de son ancienne conviction. C’est dans cet album que l’on trouve la chanson – surprenante de gaieté – Believe in Life, dont l’artiste dira, au cours d’une interview donnée quelque temps plus tard, que c’est « l’une de ses chansons préférées ». Chanson d’amour très simple, elle a été écrite en hommage à son épouse Melia.

En 2002 Clapton organise et dirige le Concert for George au Royal Albert Hall de Londres en hommage à son ami de toujours George Harrison, mort d’un cancer du cerveau un an plus tôt. Ce concert réunit notamment Paul McCartney, Ringo Starr, Jeff Lynne, Tom Petty et le virtuose du sitar indien Ravi Shankar.

Slowhand organisa et dirigea également le premier festival de guitare Crossroads Guitar Festival qui eut lieu au stade Cotton Bowl de Dallas (Texas) du 4 au 6 juin 2004, destiné à financer le centre de désintoxication Crossroads Centre situé sur la petite île d’Antigua (mer des Caraïbes), fondé en 1998. Ce festival, qui réunit les plus grandes vedettes de la guitare électrique, a connu un immense succès depuis lors, ce qui poussa Eric à organiser une seconde séance au Toyota Park de Bridgeview près de Chicago (Illinois) le 28 juillet 2007. Une troisième (et la dernière, selon Clapton) séance du Crossroads Guitar Festival eut lieu le 26 juin 2010. Le grand absent de ce festival, Gregg Allman, qui avait subi avec succès une greffe du foie le 23 juin, est remplacé par Derek Trucks et Susan Tedeschi.

En 2005 Eric Clapton reforme Cream avec Jack Bruce et Ginger Baker pour une série de concerts qui se tiennent les 2, 3, 5 et 6 mai au Royal Albert Hall de Londres, ainsi qu’au Madison Square Garden de New York quelques mois plus tard. Les concerts sont enregistrés et font l’objet d’une publication sous forme de DVD et CD, à la fin de la même année.

Parmi les albums sortis par Clapton ces dernières années, on remarque entre autres Me & Mr Johnson (2004), disque de reprises du bluesman Robert Johnson, qui est depuis toujours la plus grande influence du guitariste, et sa collaboration récente (novembre 2006) avec la légende du blues blanc J.J. Cale, The Road to Escondido.

En février 2008, Clapton et Steve Winwood donnent un concert au Madison Square Garden, à New York. Le concert a été enregistré, et un CD et un DVD sont sortis en mai 200910. Les deux anciens membres deBlind Faith se sont retrouvés sur scène, entre le 10 et le 30 juin 2009 pour une série de 14 concerts aux États-Unis et furent annoncés à Anvers, au Sportpaleis Antwerp pour le 23 mai 2010 et à Paris, au POPBpour le 25 mai 2010. Ils repartageront ensuite la scène au Royal Albert Hall de Londres pour une série de 5 concerts qui eurent lieu entre le 26 mai et le 1er juin 2011 avant d’entamer une tournée de 12 concerts au Japon en novembre et décembre 2011.

En janvier 2010, Eric Clapton reforme avec Yoko Ono et Paul Simon le groupe Plastic Ono Band pour des concerts à Central Park en mars. Son dernier opus (Reprise records, 2010) sobrement titré CLAPTON est un recueil de titres jazzy sur lesquels apparaissent entre autres ses vieux complices J.Keltner, J.J.Cale, P.Carrack ou encore S.Crow, D.Bramhall Jr II et D.Trucks. Kim Wilson et Wynton Marsalis entrent dans le cercle des musiciens qui peuvent se vanter d’avoir eu le privilège de jouer avec Dieu.

Autres participations récentes (2011) d’Eric Clapton : Avec Chris Barber sur “Memories Of My Trip” Avec Robbie Robertson sur “How To Become Clairvoyant” Avec Paul Wassif sur “Looking Up Feeling Down”

Les 7,8 et 9 avril 2011 Wynton Marsalis et Eric Clapton ont joué ensemble au Lincoln Jazz Center de New York City, Taj Mahal (musicien) assurait la première partie et a rejoint les deux légendes pour deux titres. La première soirée était un concert de charité. Un double CD de ces concerts est sorti le 10 septembre 2011.

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